Coût de la rentrée étudiante 2016 à Strasbourg

Coût de la rentrée étudiante 2016 à Strasbourg

L’AFGES publie, à l’approche de la rentrée universitaire, son traditionnel coût de la rentrée étudiante à Strasbourg. Alors que le gouvernement prend enfin la mesure de la «priorité jeunesse» annoncée en 2012, le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter forçant une grande partie d’étudiants, à défaut d’aide de la famille, à se salarier pour financer leurs études.

Cette année l’AFGES publie un coût de la rentrée universitaire basé sur 3 profils d’étudiant-e-s différents. En effet, les frais occasionnés par la rentrée universitaire peuvent varier du simple au double en fonction de certains critères. Les 3 profils que vous pourrez retrouver dans le tableau ci-dessous sont donc relatifs à : un étudiant boursier habitant dans une cité universitaire, un étudiant non boursier et non décohabitant vivant chez ses parents (ici à Sélestat par exemple) et un étudiant non boursier qui habite seul dans un studio de 20m².

CDR 2016 final 1.xlsx

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Les mesures récemment mises en place par le gouvernement tels que le gel des frais d’inscription et de sécurité sociale, la création de 25000 nouvelles bourses à l’échelon 0bis ainsi que le gel du ticket RU, sont satisfaisantes Plus encore, l’augmentation substentielle du coût des transports, et une absence d’encadrement des loyers dans l’Eurométropole de Strasbourg tendent à augmenter le coût de la vie pour les presque 60 000 étudiants strasbourgeois.
les mesures cités, tirées des propositions de la FAGE, fédération nationale de l’AFGES montrent des signes encourageants d’un engagement du gouvernement en faveur de la jeunesse.

Néanmoins ces mesures restent insuffisantes. L’AFGES appelle vivement le gouvernement à continuer en ce sens en mettant en place l’Aide Globale d’Indépendance portée par la FAGE ainsi qu’à poursuivre la politique de construction de logements, seule solution pour réduire le coût des loyers.

L’AFGES tient également à rappeler que la précarité étudiante n’est pas seulement relative au mois de septembre mais qu’elle est effective sur toute la durée du cursus. Si le coût de la rentrée reste relativement stable au niveau des frais spécifiques (inscription, sécurité sociale, assurance…) c’est le coût de la vie courante qui est en nette augmentation.

Télécharger le communiqué du coût de la rentrée à Strasbourg en format PDF

Le Campus Européen : une coopération à poursuivre

Le Campus Européen : une coopération à poursuivre

Le 11 mai dernier se tenait l’inauguration du Campus Européen au Palais Universitaire à Strasbourg, en présence du président de l’Université de Strasbourg, Alain Beretz, de Hans-Jochen Schiewer, président du réseau EUCOR, le réseau des universités du Rhin supérieur, mais également de Carlos Moedas, commissaire européen à la Recherche, à l’Innovation et à la Science, ainsi que Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette inauguration est l’occasion pour l’AFGES de revenir sur son attachement au réseau EUCOR mais également sur le travail qu’il reste à accomplir.

Du réseau EUCOR au Campus Européen : le premier regroupement universitaire transfrontalier

L’EUCOR – Le campus européen est le premier groupement universitaire de coopération territoriale, impulsé par la volonté commune des universités de Strasbourg, Mulhouse, Bâle, Fribourg-en-Brisau et le Karlsruher Institüt fur Technologie (KIT) de travailler ensemble. Ce groupement des Universités du Rhin supérieur a été crée en 1989 de par la volonté des établissements membres d’impulser une véritable dynamique en matière de recherche et de formation dans le bassin rhénan. Il a pour mission de cristalliser les compétences et potentiels des 15 000 enseignants-chercheurs, 11 000 doctorant-e-s et 115 000 étudiant-e-s afin de constituer un espace scientifique de recherche intégré sans murs ni frontières à rayonnement international. Le budget global des cinq universités partenaires s’élève à 2,3 milliards d’euros. Depuis le 9 Decembre 2015 l’EUCOR devient Le Campus Européen suite à la signature de la Convention par les presidents des cinq universités membres. Ce nouveau statut de GECT( Groupement Europeen de Cooperation Teritoriale) permet l’accès direct au financement européen via les fonds Interreg (fond de developpement regional par euroregions) et un cadre juridique stable pour développer plus loin la cooperation transfrontalière à tous ses niveaux : académique, pédagogique et culturel. L’objectif du Campus Européen est de devenir la première université européenne issue d’un groupement d’universités, chacune de renommée internationale en terme de formation et de recherche. Ainsi, l’EUCOR travaille activement au projet Interreg-European Campus qui a demarré en janvier 2016 et qui dure jusqu’en 2018, ayant pour objectif de poser les fondations logistiques, pédagogiques et administratives pour réaliser au mieux ce projet ambitieux et unique en Europe.5 univ eucor

Une coopération encore trop peu développée pour les étudiant-e-s

septembre_2015_2374_illustra_papierLa coopération de la recherche au sein de l’EUCOR est à l’heure actuelle le domaine le plus aboutit, renforçant l’excellence de la recherche du bassin rhénan. Les différentes structures développées par les universités et soutenues par l’EUCOR assurent un grand soutien non seulement a la recherche fondamentale mais aussi a la recherche appliqué ainsi qu’à la collaboration avec les acteurs du monde socio-économique. Cette démarche permettra de valoriser en terme d’insertion professionnelle la collaboration transfrontalière.

Néanmoins la coopération en terme de formation reste encore un secteur à approfondir pour que le réseau EUCOR soit le bassin pionnier dans le domaine de la formation bilingue et tri nationale.
L’EUCOR a été un véritable précurseur du processus de Bologne, processus créateur de l’espace européen de l’enseignement supérieur visant à développer la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur d’Europe. Ce processus a notamment amené l’organisation “LMD” des études et le système de crédits “ECTS”, en facilitant la mobilité étudiante a travers les pays membres du Conseil de l’Europe.

Si l’objectif final de l’EUCOR est de pouvoir suivre un cursus dans l’un des cinq établissements du groupement et que ce parcours soit reconnu par les autres établissements comme un parcours lui étant propre, nous en sommes encore loin. Cela demande en effet une organisation des études concertée mais également une reconnaissance accrue des ECTS obtenus dans une formation. Malheureusement, hormis un faible nombre de double-cursus bilatéraux, la mobilité au sein du réseau EUCOR reste aujourd’hui à l’état embryonnaire et n’offre pas de système de mobilité ou d’échange satisfaisant.

En effet, la mobilité EUCOR est aujourd’hui régie par des contrats d’études de type Eramus+, ne permettant pas une reconnaissance parfaite des enseignements ou des “mobilités courtes” de SONY DSCquelques jours ou semaines. De plus, les doubles-cursus et les mobilités ne touchent que trop peu les sciences humaines et les sciences politiques. Il s’agît à l’heure actuelle de l’un des principaux points de blocage du projet interrégional européen, qui a pour priorité que le Campus Européen devienne un garant ferme de mobilité des étudiant-e-s, des enseignants et des chercheurs. Si les étudiant-e-s du réseau EUCOR peuvent suivre des cours et bénéficier des services des 5 universités, ces possibilités restent encore largement méconnues, et les aides financières permettant cette mobilité pour tou-te-s trop peu nombreuses.

Ainsi, il apparaît aujourd’hui nécessaire de transformer l’essai en offrant aux étudiant-e-s des 5 universités du Campus Européen :

  • Un véritable statut de mobilité et d’échange trinational
  • Des programmes d’échange et des doubles cursus de tous niveaux et de tous domaines
  • L’élargissement des dispositifs de “mobilité courte” pour enrichir les formations grâce à des séminaires, universités d’été ou unités d’enseignement à distance
  • Un programme d’aide financière pour la mobilité transfrontalière

Représenter les étudiant-e-s au sein d’un espace transfrontalier

L’AFGES, forte de son expertise sur les questions européennes et internationales est membre fondateur du Conseil Etudiant du réseau EUCOR, et en assure aujourd’hui la présidence. Ce rôle consultatif dans l’organisation du Campus Européen permet à l’AFGES de promouvoir la coopération transfrontalière en matière de formation et de vie étudiante, afin d’améliorer les conditions d’études des 115 000 étudiant-e-s Allemands, Français et Suisses du réseau EUCOR.

12711183_10153858183741215_1650495748721302760_oLe Conseil Etudiant d’EUCOR est une structure jeune, créée en 2009, fruit de la volonté des associations étudiantes représentatives des cinq campus pour porter la voix des étudiant-e-s au sein d’EUCOR. Formé par 2 délégué-e-s issus de chaque association étudiante représentative de chaque campus, le Conseil Etudiant travaille activement pour que les étudiant-e-s des 5 universités deviennent partie prenante dans la construction politique de ce nouveau campus transfrontalier. Dès lors, il apparaît nécessaire de permettre aux organisations étudiantes du Campus Européen de jouer un vrai rôle dans le processus décisionnel de cet organe de coopération, pour développer plus encore la recherche et la formation, mais également la vie étudiante.

Projet phare d’une coopération transfrontalière en
matière de vie étudiante, le Tour cycliste EUCOR _DSC0050organisé par des étudiant-e-s et alumnis du KIT depuis plusieurs années a une fois encore permis de traverser 5 campus au sein de 3 pays. Cette année l’AFGES a pris en charge l’accueil des 130 cyclistes, une première dans le réseau EUCOR, permettant aux organisations étudiantes du Campus Européen de prendre part à une véritable coopération étudiante transfrontalière, appelant à de plus amples coopérations en matière de vie étudiante.

C’est en construisant ensemble une vie étudiante transfrontalière, adossée à des activités de recherche et de formation, que se construit une véritable communauté universitaire transfrontalière, porteuse des idéaux européens d’humanité et d’échange.

 

L’année de césure : un droit nouveau à l’Unistra

L’année de césure : un droit nouveau à l’Unistra

Le 22 juillet 2015 dernier, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a adressé une circulaire aux établissements publics d’enseignement supérieur visant à mettre en place une période d’expérience personnelle dite de « césure », réclamée de longue date par la FAGE, fédération nationale de l’AFGES. Après plusieurs mois de concertation entre l’AFGES et l’Université de Strasbourg, la Commission Formation et Vie Universitaire de l’Université de Strasbourg a aujourd’hui validé la mise en place de l’année de césure. Droit ouvert à tout-e-s les étudiant-e-s, l’année de césure permet d’ouvrir son cursus hors du champ académique tout en conservant ses droits.

Un droit nouveau pour les étudiant-e-s à l’Université de Strasbourg

L’AFGES, en tant qu’organisation de jeunesse pragmatique et réformiste, a su mettre au coeur de ses revendication la construction de parcours de formation centrés sur l’étudiant-e. Il ne s’agît plus au XXIe siècle de former les étudiant-e-s en masse, mais de permettre l’émancipation des jeunes tout en relevant les défis d’une société nécessitant une jeunesse toujours mieux formée.

En cela, l’année de césure constitue un véritable élément d’émancipation, en replaçant l’étudiant-e au coeur de sa formation et en lui permettant d’élargir les horizons intellectuels et humains lors de ses années d’études. Engagement associatif, volontariat international, enrichissement académique et personnel ou stages : autant de possibilités ouvertes par la réalisation d’une année de césure.

Mais cette année de césure ne saurait être une simple coupure dans le cursus de l’étudiant-e, elle se devait d’être partie intégrante, valorisée, accessible et garantissant les droits de ceux qui font le choix de la césure. L’AFGES a ainsi exigé le maintient du statut d’étudiant-e, le maintien des droits a bourse ainsi que le droit automatique à reprendre le cursus où celui-ci a été interrompu. C’est sur ces exigences que l’AFGES et l’Université de Strasbourg ont entamé un dialogue de plusieurs mois sur ce que devait être l’année de césure.

Ce travail commun entre l’AFGES et l’Université a permis une mise en place optimale de la période de césure, tant sur le plan académique que social, proche des besoins et nécessités des étudiant-e-s. La césure sous sa forme réglementée offre ainsi aux étudiant-e-s de multiples possibilités d’approfondir leur cursus ou de développer leur expérience professionnelle, c’est un droit nouveau et concret qui s’ouvre aujourd’hui pour eux à l’Université de Strasbourg.

C’est le fruit de ce travail qu’a approuvé la Commission Formation et Vie Universitaire ce mardi 19 avril, et que l’AFGES vous présente aujourd’hui.

Quelles modalités pour la mise en place de l’année de césure à la rentrée 2016 ?

La période dite « de césure » se définit comme une période d’une durée d’un semestre ou d’une année universitaire pendant laquelle un-e étudiant-e, inscrit dans une formation d’enseignement supérieur, la suspend temporairement dans le but d’acquérir une expérience personnelle, soit de façon autonome, soit au sein d’un organisme d’accueil en France ou à l’étranger. Elle est effectuée sur la base d’un strict volontariat de l’étudiant-e qui s’y engage et ne peut en aucune façon être rendue nécessaire pour l’obtention du diplôme préparé avant et/ou après cette suspension.

Quelles sont les situations concernées par la période de césure ?

La période de césure telle que construite par l’AFGES à l’Université de Strasbourg se veut ouverte au plus grand nombre ainsi plusieurs situations sont concernées :

  • dans le cadre d’un engagement bénévole, d’un service civique ou d’un volontariat associatif
  • dans le cadre d’un contrat de travail
  • dans le cadre d’un stage sous réserves que la règlementation en vigueur en matière de stages le permette
  • pour suivre une formation dans un domaine différent de celui du cursus suspendu ;
  • pour préparer un projet de création d’activité. Dans ce cas, la césure s’inscrit dans le dispositif de « l’étudiant-entrepreneur »
  • pour permettre aux sportifs ou artistes de haut niveau de se préparer et participer à un évènement particulier

Qui sont les étudiant-e-s concerné-e-s par la période de césure ?

Tout-e-s les étudiant-e-s en formation initiale sont potentiellement concernés par une période de césure à l’exception des :

  • étudiant-e-s ayant validé leur M2
  • étudiant-e-s inscrit-e-s en PACES
  • étudiant-e-s en internat
  • apprenti-e-s et contrats de professionnalisation
  • étudiant-e-s inscrits en diplôme universitaire (sauf les diplômes d’université conférant un grade type IEP ou EM ou éligibles à une bourse sur critères sociaux)
  • étudiant-e-s en échange international de type Erasmus

Pour les étudiant-e-s en première année de premier cycle, seul le second semestre est ouvert à la césure (exception faite en cas de redoublement), et pour ceux admis en licence professionnelle seule une césure annuelle est possible.

L’étudiant-e qui se voit accorder le bénéfice d’une période de césure sera inscrit à l’université au titre de l’année et/ou du semestre du diplôme pour lequel il est autorisé/admis à s’inscrire.

Toutefois, la césure n’est pas comptabilisée dans le nombre d’inscriptions prises par un étudiant-e dans une année de formation donnée. Lorsqu’une limitation du nombre d’inscriptions est prévue dans un diplôme, un étudiant-e ayant épuisé ses droits à inscription ne peut solliciter une année de césure.

A quoi sert un semestre ou une année de césure ?

La période de césure est un acte pris volontairement par l’étudiant-e. Elle permet de valoriser des compétences, d’approfondir des connaissances ou de développer une initiative personnelle. Néanmoins la période de césure reste très liée au cursus universitaire et il existe donc des moyens de valoriser cette expérience à l’intérieur de son cursus. Deux cas d’étudiant-e en période de césure existent :

Si l’étudiant-e ne souhaite pas être accompagné durant sa période de césure et souhaite la réaliser en autonomie complète.

Cela est possible néanmoins deux choses sont à noter :

  • Durant la période de césure l’étudiant-e doit obligatoirement rester en lien avec sa composante de rattachement. Ce lien peut se faire par le biais d’un formulaire de liaison adressé au responsable pédagogique de la formation suivie par l’étudiant-e.
  • Cette période de césure non accompagnée ne pourra être valorisée par des crédits ECTS.

Si l’étudiant-e souhaite être accompagné durant sa période de césure.

Dans ce cas un référent est nommé parmi les membres de l’équipe pédagogique du diplôme afin d’accompagner et de suivre l’étudiant-e par le biais d’échanges réguliers (au minimum deux par semestre). La période de césure pourra alors être valorisée par des ECTS et sera reconnue sur le supplément au diplôme.

L’idée de la césure m’intéresse, mais comment dois-je m’y prendre ?

L’étudiant-e qui souhaite bénéficier d’une césure doit en faire la demande auprès de sa composante d’inscription à l’aide d’un formulaire spécifique. La demande, adressée au Directeur de la composante, devra obligatoirement être déposée au service de scolarité de la composante accompagnée des pièces justificatives demandées.

  • Pour une demande de césure pour l’année universitaire dans son ensemble ou pour le semestre d’automne, la demande doit être déposée entre le 1er mai et le 15 juin.
  • Pour une demande portant sur le semestre de printemps, la demande doit parvenir entre le 1er novembre et le 1er décembre.

Le non-respect de ces délais entraînera automatiquement le rejet de la demande.

La césure est accordée par le Directeur de la composante après avis du responsable de la formation au titre de laquelle est demandée la période de césure. Le Directeur de la composante rend sa décision dans un délai de 2 mois à compter de la date de dépôt du dossier complet par l’étudiant-e.

En cas de décision défavorable, l’étudiant-e peut procéder à un recours gracieux auprès du Président de l’université. Ce dernier rendra sa décision après avis de la commission « Césure » où siègent des élus étudiant-e-s de l’AFGES.

Quels sont les droits d’un-e étudiant-e en année de césure ?

L’étudiant-e s’acquitte des frais universitaires lors de son année de césure comme pour une année “normale”, il bénéficie donc de droits spécifiques :

  • Le droit automatique à reprendre le cursus d’études là où il a été interrompu
  • Le droit au statut d’étudiant-e et à la carte étudiante
  • Le droit à la sécurité sociale étudiante durant l’année de césure
  • Le droit au maintien de la bourse, dans les limite du nombre de droits à bourses consommés (5 droits à bourse pour la Licence, 3 pour le Master, un seul redoublement autorisé par année)

Ces droits font de la césure un véritable atout dans un cursus, et ce, accessible même aux étudiants les plus modestes.

En cas de question sur l’année de césure, ou de difficultés avec sa mise en place dans votre composante, n’hésitez pas à écrire à : hotline@afges.org

Évaluation continue : l’AFGES demande l’expérimentation !

Évaluation continue : l’AFGES demande l’expérimentation !

Suite et fin de la saga judiciaire qui aura opposé l’Université de Strasbourg à un syndicat étudiant minoritaire, au sujet de la délicate question de la seconde session, que l’université jugeait pédagogiquement incompatible avec l’évaluation continue intégrale. L’AFGES, qui milite depuis des années en faveur de l’évaluation continue intégrale, déplore l’instrumentalisation du judiciaire par la démagogie d’une organisation étudiante minoritaire, mais aussi le manque de réaction de l’Université de Strasbourg quant à la très imparfaite application d’une innovation pédagogique pourtant fondamentale dans ses composantes.

Une décision judiciaire contre l’innovation pédagogique

conseiletatDès le 24 janvier 2014, le tribunal administratif de Strasbourg a contraint l’Université de Strasbourg à mettre en place une session de rattrapage, ce qui n’a pas été sans conséquences dommageable pour nombre d’étudiant-e-s à la fin du semestre d’été 2015.  Après une longue bataille devant les juges administratifs, le Conseil d’Etat a tranché : la session de rattrapage doit bel et bien être instaurée  dans l’intégralité des composantes de l’Université.

Cette décision du juge administratif se base sur un texte unique. L’arrêté licence 2011, en son article 17, dispose en effet qu’à l’issue de la session initiale d’examens, une session de rattrapage doit être organisée, ce que le juge interprète strictement dans sa décision contre l’Université de Strasbourg.

L’AFGES, en tant qu’organisation réformiste, a toujours milité pour l’instauration d’un mode d’évaluation plus pédagogique remplaçant la “note-couperet” anti-pédagogique issue des sessions d’examens terminaux par une évaluation continue intégrale. Mise en oeuvre dans un certain nombre de composantes de l’Université de Strasbourg, l’ECI a su depuis 2013 faire ses preuves et a rencontré un vif succès auprès des étudiant-e-s. En effet, loin de l’évaluation sommative et “couperet” d’une session d’examen finale, l’ECI permet à l’étudiant-e une véritable progression tout au long du semestre et de l’année, au travers d’une pluralité des méthodes d’examen et d’un retour pédagogique permanent.

Pour plus d’informations sur l’évaluation continue intégrale : http://afges.org/levaluation-continue-integrale-une-innovation-pedagogique-necessaire/

Cette lecture simple de l’arrêté licence faite par le juge administratif nous amène à réflechir à l’évolution nécessaire du cadre législatif entourant la mise en oeuvre des examens. En effet depuis plus de 3 ans, l’AFGES, aux côtés de la FAGE ainsi que de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), milite pour la mise en place généralisée d’une évaluation continue intégrale, mais sans session de rattrapage. Cette session de rattrapage devient à la fois inutile, et anti-pédagogique, en ce qu’elle casse l’évaluation continue et progressive par un examen-couperet de rattrapage.

Pour un droit à l’expérimentation à l’Université de Strasbourg

Afin de permettre aux universités de mettre en place une réelle innovation pédagogique, il est maintenant de la responsabilité du gouvernement de modifier l’arrêté licence pour le mettre en conformité avec la volonté d’évolution de la majorité de la communauté universitaire.

Cette évolution du droit se doit d’arriver le plus vite possible afin de facdedroitfaire bénéficier aux étudiant-e-s des méthodes pédagogiques les plus profitables à l’apprentissage et à l’émancipation de la jeunesse. En attendant cette réforme, l’AFGES demande à la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) un droit à l’expérimentation pour l’Université de Strasbourg dès l’année universitaire 2016-2017. Ce droit à l’expérimentation d’une évaluation continue intégrale sans rattrapages aura pour but de démontrer l’efficacité d’une ECI bien appliquée et la non-nécessité, le cas échéant, d’une session de rattrapages.

Sans ce droit à l’expérimentation, l’AFGES craint une mise en place archaïque des rattrapages dans les composantes, ce qui, au delà de constituer une entrave à la réussite des étudiant-e-s, affaiblit également la qualité de l’apprentissage des connaissances dispensées par l’Université, et de fait, réduit les compétences acquises à l’issue du parcours de formation.

Une application trop inégale de l’évaluation continue, au détriment des étudiant-e-s

Amphitheatre_imagelargeCar le cadrage encore flou et trop peu contraignant de l’évaluation continue intégrale entraîne d’ubuesques situations, dans lesquelles le corps enseignant de nombreuses composantes refuse ou détourne l’application de l’ECI. Attachement démesuré aux traditions académiques ou absence de volonté politique pour une innovation pédagogique au service des étudiant-e-s ?

A ce titre, les composantes de l’Université de Strasbourg (facultés, écoles instituts), ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Si certaines sont bonnes élèves, pour d’autre, la copie est à revoir. L’Université de Strasbourg se doit alors d’être intransigeante avec l’application de l’évaluation continue intégrale, afin que tout-e-s les étudiant-e-s puissent bénéficier de l’innovation pédagogique au service de la réussite.

Ainsi, l’AFGES revendique une évaluation continue intégrale, nécessaire, pédagogiquement adaptée et se suffisant àn elle même. Une évolution des textes est maintenant plus que nécessaire, ce qui est la volonté tant de l’AFGES que de la FAGE. Dans cette perspective, l’AFGES demande à ce que l’Université de Strasbourg soit désignée comme Université pilote dans  l’expérimentation de l’ECI sans rattrapages, et que son application soit rigoureuse, au service de tout-e-s les étudiant-e-s.

Le Livre Blanc des étudiant-e-s d’Alsace 2015-2017

Le Livre Blanc des étudiant-e-s d’Alsace 2015-2017

Forte de ses 92 années d’existence et d’expérience comme première organisation de jeunesse alsacienne, l’AFGES a eu à coeur d’accompagner les changements de la société et de l’enseignement supérieur en Alsace. Et c’est pour faire de l’enseignement supérieur alsacien un vecteur d’émancipation de la jeunesse, que l’AFGES publie sa 4ème mouture du Livre Blanc des Etudiant-e-s d’Alsace, afin de faire état des enjeux contemporains et des propositions pour demain.

92 ans au service du progrès social

En 92 ans d’existence, l’AFGES a traversé les époques et les transformations de l’enseignement supérieur français et européen, et connu bien des définitions du service public même. Mais les associations étudiantes au service de tout-e-s les étudiant-e-s et de la jeunesse ont su rester fidèles à leur idéal d’humanisme, de progressisme et de démocratisation de l’enseignement supérieur. Que ce soit par un syndicalisme luttant au quotidien pour les droits des jeunes et contre les conservatismes qui se dressent face au progrès social, ou par une action quotidienne au service des étudiant-e-s sur les campus, l’AFGES défend une autre idée des études supérieures, comme vecteur d’émancipation de la jeunesse.

12291302_10153115170595997_4579794497064626611_oC’est au service de ces valeurs que l’AFGES a construit les premiers services aux étudiant-e-s : restauration universitaire, sport étudiant, sanatorium pour les étudiant-e-s, etc. C’est en allant toujours plus loin pour déconstruire les barrières sociales et pour faire de l’Université le lieu de l’émancipation de la jeunesse, que l’AFGES a participé à la rédaction de la Charte de Grenoble, consacrant les droits et les devoirs des étudiant-e-s en tant que jeunes travailleurs intellectuels.

Conscient-e-s du poids de cet héritage historique, les militant-e-s de l’AFGES ont à coeur de contribuer à repenser de manière toujours plus innovante l’enseignement supérieur et la place des jeunes.

Un Livre Blanc pour faire de 2016 une année au service de la jeunesse

Au premier plan politique lorsqu’il s’agit de questions de jeunesse, d’enseignement supérieur, de recherche et1948090_10152393150140997_195131098448589326_n d’éducation, l’AFGES ne saurait pointer du doigt les travers de ces domaines sans y apporter des solutions concrètes. En effet il est du devoir des organisations réformistes telles que l’AFGES d’amener le débat tout en restant force de propositions pour ne pas tomber dans un conservatisme néfaste.

Ainsi, et dans la continuité du livre blanc “Vers une Université d’Alsace” sorti en 2012, l’AFGES de 2015 a souhaité exprimer ses convictions en faveur de la jeunesse dans un nouveau livre blanc intitulé “Pour un enseignement supérieur alsacien au service de l’émancipation des jeunes”. En effet l’Université d’Alsace est aujourd’hui concrète au travers notamment du contrat de site regroupant les principaux établissements d’enseignement supérieur alsaciens. Ainsi l’idée directrice dans la rédaction de ce livre blanc a été d’amener des solutions concrètes pour permettre l’émancipation de la jeunesse.

Parce que la jeunesse ce n’est pas seulement l’avenir de notre pays, de notre région, c’est aussi et surtout son présent, l’AFGES propose dans ce livre blanc ses idées directrices pour mettre la jeunesse en capacité de s’émanciper aujourd’hui pour être de meilleurs citoyens demain.

Pour un enseignement supérieur alsacien au service de l’émancipation des jeunes

10258889_10153197423090997_3332721000669742775_oLes élu-e-s étudiant-e-s de l’AFGES, forts de leur expertise et de leur action quotidienne sur les campus alsaciens, ne veulent plus être témoins des transformations de l’enseignement supérieur, mais en être les initiateurs. Alors que l’idée même de service public est battue en brèche et que les forces réactionnaires appellent à l’élitisme dans l’éducation et à la marchandisation des savoirs, l’AFGES défend plus que jamais l’idée d’un autre enseignement supérieur.

Fort de cette mission et de ces valeurs, le présent Livre Blanc s’entend comme une profession de foi pour les années à venir, en affirmant les changements que l’AFGES luttera pour construire :

  • L’excellence pour tou-te-s : pédagogie et formation au service de l’émancipation de la jeunesse
  • Pour des campus solidaires : déconstruire les barrières sociales et garantir la réussite de tou-te-s
  • Favoriser l’engagement des jeunes : une vie étudiante par les étudiant-e-s et pour les étudiant-e-s
  • Pour une nouvelle gouvernance universitaire démocratique
  • International et mobilité : ouvrir l’enseignement supérieur alsacien sur le monde
  • Faire de l’enseignement supérieur un vecteur d’émancipation sociale : l’insertion professionnelle pour tou-te-s

Le Diplôme Universitaire d’Engagement Etudiant reprend du service !

Le Diplôme Universitaire d’Engagement Etudiant reprend du service !

Parce que l’université n’est pas que le lieu de transfert du savoir, l’engagement des étudiant-e-s au service de l’animation, la solidarité, la représentation, ou encore la culture contribue à la qualité de vie sur les campus, et à construire une meilleure société. Reconnaître l’investissement des étudiant-e-s qui choisissent de se mettre au service de l’autre, c’est permettre à chacun de s’engager et de s’enrichir.

L’Université de Strasbourg a choisi de reconnaître cet engagement des étudiant-e-s au travers d’un Diplôme Universitaire d’Engagement Etudiant (DUEE). Alors que la procédure d’inscription à ce DUEE est en cours (et ce jusqu’au 13 janvier), revenons sur un dispositif de formation et de reconnaissance de l’engagement associatif à l’Université de Strasbourg.

Qu’est-ce que le DUEE ?

csm_Amphi_Cavailles_e129b61809Le Diplôme Universitaire d’Engagement Etudiant est un dispositif de reconnaissance de l’engagement étudiant : entièrement gratuit, il s’adresse à toute personne engagée dans une des associations reconnues par l’Université, aux élu-e-s étudiant-e-s et aux engagés artistiques, sportifs ou solidaires. Pour valider le DUEE, il suffit de sélectionner et de valider 2 des 4 Unités d’Enseignement (UE) :

  • UE Engagement associatif : à destination de tout bénévole d’une association reconnue par l’Université (charte SVU).
  • UE Engagement universitaire : à destination des élus qu’ils soient de composante, dans les conseils centraux ou élus CROUS.
  • UE Engagement artistique et sportif : à destination des bénévoles d’associations s’engageant tout particulièrement dans le domaine culturel et artistique (chorale, théâtre, orchestre) ou sportif (en lien avec le SUAPS).
  • UE Engagement solidaire : à destination des bénévoles d’associations s’engageant sur le volet solidarité (bénévoles de l’AGORAé, engagés dans le tutorat, étudiant-e-s relais etc…).

Quel est l’intérêt du DUEE ?

Capture d’écran 2016-01-07 à 17.36.56Il permet aux étudiant-e-s engagés de bénéficier d’une formation de qualité sur des sujets qui vont toucher les associations étudiantes (éléments juridiques, gestion financière, de projet, communication, …) ou les représentants étudiants (organisation de l’enseignement supérieur, du réseau des oeuvres, …). Ces formations sont réalisées par des intervenant-e-s spécialistes qui se déplacent bénévolement tel que le 1er Vice-Président de l’Université, le Directeur du CROUS, le directeur de la maison des associations, des chefs de projets et bien d’autres.

L’engagement (que ce soit en tant qu’élu ou bénévole associatif) apporte des compétences personnelles : le DUEE valorise cet engagement puisqu’il constitue la seule reconnaissance officielle de l’Université à cet égard. En effet, les Unités d’Enseignement du DUEE peuvent permettre de valider des UE libres dans la plupart des parcours de formation. Dès la validation de 2 UE l’étudiant obtient le fameux Diplôme Universitaire d’Engagement Étudiant. Fort de ces quelques années d’existence, le DUEE constitue une réelle plus-value au diplôme. Depuis l’an dernier, l’Université de Strasbourg a fait de la remise de ce DUEE l’élément central de ses opérations de pré-rentrée, preuve de l’attachement que l’Université porte à ce diplôme et à l’engagement étudiant.

Améliorer le DUEE ?

S’il constitue une reconnaissance bienvenue de l’engagement étudiant, le Diplôme Universitaire d’Engagement Etudiant reste malheureusement trop confidentiel, et trop peu reconnu au plan académique. C’est pourquoi l’AFGES propose l’ouverture de celui-ci aux étudiant-e-s des autres formations : écoles de commerce ou d’ingénieur et formations sanitaires et sociales. Plus encore, si le DUEE permet de valider des Unités d’Enseignement libres dans de nombreuses formations, beaucoup de formations ne proposent pas ces UE libres, qui constituent pourtant une ouverture sur l’extérieur dans le cursus de l’étudiant. Les Instituts Universitaires de Technologie et les écoles ne proposent pas ce type de dispositif d’ouverture.

Comment s’inscrire ?

Il vous suffit d’envoyer un mail à du2e.info@unistra.fr. Vous pouvez leur envoyer le formulaire ci-dessous.

Pour aller plus loin :

  • Vidéo de la remise de diplôme de l’an dernier avec des témoignages des étudiants qui se sont inscrits au diplôme  : http://tinyurl.com/zoa82of

L’AFGES mobilisée contre le budget du supérieur

L’AFGES mobilisée contre le budget du supérieur

Ce vendredi 16 octobre, plus de 4000 manifestants se sont réunis pour protester contre le budget annoncé par le gouvernement pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche dans sa loi de finances 2016. Parmi ces manifestants se trouvaient des universitaires, des personnels et surtout des étudiants, mécontents et lassés de devoir se former dans des conditions toujours plus précaires.

Une grande majorité de ces étudiants étaient rassemblés sous les drapeaux de la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE). En effet la FAGE, première organisation de jeunesse en France, a su mobiliser plus de 700 étudiants des quatres coins de la France (Strasbourg, Amiens, Reims, Clermont-Ferrand, Toulouse…) pour venir protester contre la politique budgétaire régissant notre système d’Enseignement Supérieur. L’AFGES, membre fondatrice de la FAGE, a bien évidemment répondu présente à l’appel lancé par sa fédération nationale. De nombreux militants alsaciens ont ainsi fait le déplacement dans la capitale.

L’Université de Strasbourg comme tous les établissements public d’enseignement supérieur fait elle aussi face à la crise frappant l’Enseignement Supérieur français.
Avec plus d’un millier d’étudiants supplémentaires cette année et un budget constant, l’Université de Strasbourg ne peut se contenter des miettes offertes par le gouvernement dans son projet de budget si elle veut continuer à garantir à ses étudiants une formation de qualité.
Malgré les efforts consentis et réalisés par l’Université, plusieurs bâtiments, salles de cours et amphitéâtres restent vétustes et ne sont plus du tout adaptés au nombre toujours grandissant d’étudiants. La situation dans certaines composantes oblige les étudiants à s’asseoir par terre, dans les escaliers pour pouvoir suivre leurs cours. Les séances de travaux dirigés atteignent un point de rupture quant à leur effectif ce qui affecte à la fois les enseignants et les étudiants. Comment est-il possible de mettre en place une pédagogie ambitieuse pour le futur quand le présent est déjà obscurci par un manque de moyens financier, humain et matériel ?
Le gouvernement n’a consenti à aucune hausse ou révision du budget à l’issue de la manifestation et reste sur sa volonté de n’investir que 165 millions d’euros dans sa jeunesse étudiante. Nous ne pouvons nous contenter de cette somme. Pour suivre la hausse du nombre d’étudiants c’est à minima 700 millions d’euros qui seraient nécessaires et bien plus pour pouvoir permettre à nos Universités de mener une politique de formation ambitieuse, de qualité et adaptée à chaque étudiant.

Ainsi l’AFGES et l’ensemble du réseau de la FAGE resteront mobilisés et ce jusqu’à ce que le gouvernement s’engage à faire de réels efforts pour notre Enseignement Supérieur. L’AFGES et ses associations tiendront durant les mois d’octobre et de novembre des stands d’information à destination des étudiants. L’AFGES diffusera également des documentaires relatant la situation budgétaire des universités d’autres pays afin de sensibiliser les étudiants quant aux risques du contingentement ou d’une éventuelle hausse des frais d’inscription.

Parce que la jeunesse ce n’est pas que l’avenir, c’est aussi et surtout le présent. Parce qu’il est important d’investir pour les jeunes, pour leur formation. Parce que notre système d’Enseignement Supérieur et de Recherche est en péril. Parce que la priorité jeunesse annoncée en 2012 doit se produire maintenant.
Pour toutes ces raisons, l’AFGES est et restera mobilisée pour obtenir de réels moyens pour toutes nos formations !

Le coût de la rentrée étudiante en Alsace en 2015

Le coût de la rentrée étudiante en Alsace en 2015

Coût de la rentrée étudiante 2015 en Alsace : une diminution de 4,3 % mais une précarité des étudiants toujours plus sensible

L’AFGES publie en ce premier jour de la rentrée universitaire, sa traditionnelle enquête du coût de la rentrée, étendue aux quatre villes universitaires d’Alsace. Plusieurs années après la campagne présidentielle qui a placé la jeunesse dans les priorités de chacun, celle-ci attend impatiemment des mesures concrètes. Alors que l’accès à l’enseignement supérieur est de plus en plus freiné par des contraintes financières, et que le chômage des jeunes, notamment diplômés, atteint des taux records, les chiffres du coût de la rentrée 2015 nous donnent quelques signaux encourageants.En effet, le mois de septembre 2015 représente un budget moyen pour un étudiant alsacien primo-arrivant, décohabitant et non boursier, de 2 385,26 €, ce qui représente une baisse de 4,3% en un an. A titre comparatif, la moyenne nationale du coût de la rentrée sur la France entière est également en diminution de 6,8%, selon la FAGE.

Après des années précédentes marquées par une hausse systématique du coût de la rentrée, cette année se distingue par une diminution généralisée, largement imputable à la diminution des frais d’agence pour l’emménagement et par le gel des frais d’inscription ainsi que de la cotisation à la sécurité sociale étudiante.

Mais l’AFGES rappelle que la précarité étudiante n’est pas l’apanage du mois de septembre. Si le coût de la rentrée est en baisse, le coût de la vie, lui, connaît une légère augmentation. Le logement, l’alimentation et la santé, pourtant fondamentaux dans la vie d’un étudiant, restent toujours aussi coûteux, et à l’origine d’une précarité durable chez des milliers d’étudiants.

Le prix du ticket U augmente à nouveau de 1,56% pour atteindre 3,25€ cette année, et ce, en totale contradiction avec les revendications de la FAGE et de l’AFGES, niant ainsi tout investissement d’Etat pour lutter contre la précarité alimentaire, touchant des milliers d’étudiants chaque année.

Alors que le logement correspond à plus de 40% du budget d’un étudiant, l’encadrement des loyers mis en place par la loi ALUR en région parisienne reste circonscrit aux étudiants franciliens. C’est pourquoi l’AFGES demande la mise en place d’un encadrement des loyers du secteurs privés dans l’Eurométropole. Par ailleurs, un effort supplémentaire de la part du CROUS de Strasbourg en matière de logement est plus que nécessaire : avec 21% d’augmentation depuis 2007 et une vétusté croissante, les chambres universitaires sont de moins en moins attractives. Chaque rénovation et nouvelle construction se traduit par une augmentation substantielle de loyer entraînant la vacance croissante des logements universitaires inadaptés aux besoins des étudiants.

L’AFGES constate par ailleurs que année après année, de plus en plus d’étudiants renoncent à se soigner. L’accès aux soins doit être une question prioritaire, notamment par la création d’un réseau universitaire de soins et d’un centre de soins étudiant, existant dans d’autres villes. L’AFGES pointe par ailleurs les graves dysfonctionnements de la sécurité sociale étudiante, et les difficultés d’accès à une complémentaire santé de nombreux étudiants.

L’AFGES reste dans l’attente d’une réelle refonte des aides sociales à destination des étudiants, qui connaissent une dégradation de leurs conditions de vie, tout particulièrement ceux issus des classes moyennes et populaires. Les étudiants ne peuvent se contenter de mesures prises dans l’urgence : ils attendent une véritable réforme conduisant à la mise en place de l’Aide Globale d’Indépendance portée par la FAGE.

Il faut néanmoins donc souligner que pour la première fois, et grâce aux réformes demandées par la FAGE et l’AFGES, le prix moyen d’une rentrée enregistre une diminution notable de 4,3%. L’encadrement des frais d’agences permet en effet une réduction moyenne de près de 40% des tarifs des prestations des agences lors de la location d’un appartement. Cette mesure a un impact réel dans un pays où l’âge moyen de décohabitation est parmi les plus bas d’Europe. L’accès au logement étant une des étapes primordiales du parcours d’autonomie d’un jeune mais aussi un préalable important à la libre orientation et à l’accès à l’enseignement supérieur. L’AFGES et la FAGE se félicitent de l’impact de cette mesure.Dans un contexte de plus en plus difficile pour les jeunes, l’AFGES poursuivra son engagement à leurs côtés, comme elle le fait depuis plus de 90 ans.

Retrouvez les chiffres et notre analyse dans notre dossier de presse : 2015 DDP Coût rentrée étudiant en Alsace VF

Découvrez également l’interview du président de l’AFGES par Alsace20:

La représentation étudiante nationale, une tradition qui s’ancre à Strasbourg

La représentation étudiante nationale, une tradition qui s’ancre à Strasbourg

Après les dernières élections au Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires (CNOUS) et au Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER), focus sur les élus nationaux de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes) issus de l’AFGES :

Forte des bilans successifs de ses nombreux élu-e-s dans les conseils universitaires et académiques locaux et de la confiance des étudiants régulièrement renouvelée lors des élections dans ces différentes instances, l’AFGES a toujours eu à cœur de participer activement à la co-construction de la politique nationale de l’Enseignement supérieur et des Oeuvres. C’est pourquoi elle était présente sur les listes aux élections nationales portées par la FAGE, première organisation de jeunesse en France, dont elle est membre fondateur depuis 1989.

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En janvier déjà, Tommy VEYRAT, actuel 1er Vice-président de l’AFGES portait le projet national des associations étudiantes pour le réseau des Œuvres en tant que tête de liste de la FAGE au CNOUS. Tommy explique « qu’en période de crise, les étudiants comme d’autres publics plus ou moins vulnérables, sont les premiers menacés de précarisation, il convient donc de réformer ou plutôt de refondre le système actuel d’aide sociale, notamment par l’intermédiaire de l’AGI (Aide Globale d’Indépendance) proposée par la FAGE ».

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Plus récemment Jimmy LOSFELD, Président de l’AFGES, était élu au CNESER sous la bannière de la FAGE, à l’appui d’un programme ambitieux. Pour Jimmy, « la nécessité première du mandat à venir est – outre bien sûr le fait de garantir la continuité du service public de l’Enseignement supérieur, dans un contexte où l’accessibilité à celui-ci est de plus en plus attaqué, alors que le diplôme est le meilleur rempart contre le chômage – de développer les méthodes pédagogiques et d’évaluations qui mettent en avant l’assimilation des compétences plutôt que le simple bachotage ».

Ainsi, la FAGE, porteuse du modèle de représentation et de gestion militante par le projet, prôné de longue date par l’AFGES et les 47 autres fédérations du réseau national, n’a jamais été aussi forte, devenant en 2015 première organisation étudiante ex-aequo en nombre de sièges dans les conseils nationaux.

Et la présence et l’implication du couple exécutif de l’AFGES dans la représentation étudiante au niveau national représente une reconnaissance sans équivoque de la qualité des propositions et travaux de ses élus étudiants locaux déjà reconnue de longue date par les partenaires de la Fédération alsacienne tels que les Collectivités territoriales, les Universités et le CROUS.

Faculté de Droit : le fiasco de la seconde session

Faculté de Droit : le fiasco de la seconde session

Un contentieux né d’une volonté d’innovation pédagogique

facdedroitDepuis plusieurs années, l’Université de Strasbourg et l’AFGES ont fait le pari ambitieux d’œuvrer pour une pédagogie innovante en mettant en place une évaluation continue intégrale permettant de diversifier les pratiques pédagogiques et de mettre un terme aux « notes couperets » de fin d’année, rendant par là même caduque la seconde session de juin. Projet phare de l’université, ces modalités d’évaluation permettent une réelle approche par compétence et une évaluation formative, le tout au service de la réussite étudiante. (Plus d’information : L’évaluation continue intégrale : une innovation pédagogique nécessaire ).

Malheureusement, l’UNEF, syndicat minoritaire à Strasbourg, a fait le choix politique d’assigner l’Université de Strasbourg au Tribunal Administratif pour forcer la remise en place d’une seconde session, préférant un conservatisme démagogique à une innovation au service des étudiants. Le jugement du Tribunal Administratif de Strasbourg de janvier 2014 puis la confirmation de la Cour Administrative d’Appel de Nancy en date du 13 avril 2015 a tranché pour le rétablissement de cette seconde session, l’évaluation continue intégrale n’étant pas prévue par la loi en raison d’un vide juridique.

Si la plupart des composantes de l’Université de Strasbourg ont appliqué à leur corps défendant ce rétablissement de la seconde session, la Faculté de Droit a longuement refusé d’appliquer cette décision, elle qui refusait déjà la mise en place d’une véritable évaluation continue intégrale.

C’est pourquoi la Faculté de Droit a donc été sommée de réinstaurer la seconde session après une injonction du juge administratif. Le dit juge administratif a en conséquence obligé la Faculté de Droit à une astreinte de 1000 € par étudiant qui aurait dû être convoqué à la seconde session. La Faculté est ainsi dans l’obligation de remettre en place cette seconde session à la dernière minute, d’ici à la fin du mois.

Ainsi, suite à cette intervention, une seconde session prend place du 29 juin au 11 juillet prochain, plaçant de très nombreux étudiants de facto dans une situation compliquée.

Quelles conséquences pour les étudiants ?

aulafacdedroitStagiaires, étudiants internationaux, travailleurs saisonniers : les situations empêchant de participer à cette seconde session de dernière minute sont nombreuses, et beaucoup d’étudiants risquent d’être considérés comme défaillants.

Avec une précarité étudiante en augmentation, l’été ne constitue plus une période de vacance ou de repos pour les étudiants, car soixante pour-cent d’entre eux, en Alsace, sont obligés de se salarier afin de financer leurs études.

Révisions dans l’urgence, situations de stress, méthodes pédagogiques nécessairement au rabais, sans compter le risque de devoir rembourser les aides du CROUS obtenues durant l’année, les conséquences pour les étudiants sont nombreuses.

Prompts à réagir, l’Amicale des Etudiants en Droit, membre du réseau de l’AFGES, a très rapidement communiqué en direction des étudiants pour leur annoncer la nouvelle, et ont contacté les services de la Faculté de Droit pour éclaircir la situation et apporter un maximum de solutions.

Ce que nous savons aujourd’hui

Sont convoqués à cette seconde session l’ensemble des étudiants n’ayant pas obtenu la moyenne durant l’un des semestre, il n’y a pas de note minimale. En revanche, la compensation entre les semestres passent avant la seconde session. La note obtenue remplacera systématiquement la note de la première session.

Nous savons aussi que suite à cette session improvisée, le corps enseignant de la Faculté de Droit sera forcé de mettre place des modalités d’évaluation au rabais : examens d’une seule heure, QCM, etc. De fait, l’inadéquation pédagogique de la seconde session en est encore renforcée.

Concernant les étudiants boursiers, qui défaillants auraient pu être astreints à rembourser l’intégralité des bourses du CROUS, suite à l’intervention des élus de l’Amicale des Etudiants en Droit et des élus AFGES auprès de la faculté et auprès du CROUS de Strasbourg, nous avons aujourd’hui l’engagement que les étudiants ne risqueront pas de devoir rembourser leurs bourses, comme le prévoit habituellement la procédure en cas de défaillance.

L’AFGES et l’AED continuent de faire tout leur possible pour aider au maximum les étudiants touchés.