[COMMUNIQUÉ] Augmentation de frais d’inscription pour les étudiant-e-s extra européen-ne-s : Bienvenue en France !

[COMMUNIQUÉ] Augmentation de frais d’inscription pour les étudiant-e-s extra européen-ne-s : Bienvenue en France !

Ce lundi 19 novembre, le gouvernement dévoilait sa nouvelle “Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux”. Celle-ci consiste en un ensemble de mesures stratégiques regroupées sous le nom de “Bienvenue en France”.

Bien qu’un certain nombre de celles-ci soient cohérentes, l’une d’entre elles est fondamentalement opposée aux valeurs inclusives de l’enseignement supérieur : l’augmentation abusive des frais d’inscription pour les étudiant-e-s extra-européen-ne-s.

Ainsi un-e étudiant-e concerné-e devra désormais payer 2770 euros pour une année en licence et 3770 euros pour une année en master. Ces chiffres multiplient par 15 les frais d’inscriptions actuels. L’Etat prétend couvrir cette perte massive de pouvoir d’achat par un total de 14000 nouvelles bourses destinées aux étudiant-e-s internationa-les-ux, en plus des 7000 déjà disponibles. Ce chiffre ne semble en aucun cas être adapté, rien qu’au regard de l’Université de Strasbourg, qui accueillait 10129 étudiant-e-s internationa-les-ux lors de l’année 2017-2018, dont plus de 69% (environ 7000) n’étaient pas issu-e-s de l’Union Européenne.

Les frais d’inscriptions élevés de nos voisins européens ne constituent pas un exemple, bien au contraire, c’est la France, et sa force d’inclusivité, sa force sociale et juste, qui doit être une exemple pour nos voisins européens.

De plus, la présence d’étudiant-e-s internationa-les-ux dans nos établissements d’enseignement supérieur ne doit pas être considérée comme un coût, mais bien comme une richesse. En effet, que ce soit durant leurs études ou même après celles-ci, ces étudiant-e-s apportent une plus-value à notre pays, en s’y installant et en y travaillant, ou même simplement en participant à l’économie française.

Enfin, le code de l’éducation défini que le service public de l’enseignement supérieur contribue “A la construction d’une société inclusive. A cette fin, il veille à favoriser l’inclusion des individus, sans distinction d’origine, de milieu social et de condition de santé” (Article L123-2, 3°). Ce passage de cette “Stratégie d’attractivité” est en parfaite contradiction avec ces buts. Comment conserver la politique de coopération internationale de l’Université de Strasbourg ? Comment garantir l’attractivité internationale de notre région et même de la future communauté européenne d’Alsace ?

Nous arrivons donc ici face à une situation présentée comme étant d’”équité”, alors que des étudiant-e-s risquent d’être mis-es à l’écart, de par leur origine et leur catégorie sociale.

L’AFGES s’oppose à ce qu’une quelconque différence de traitement ait lieu entre les étudiant-e-s ! L’Université se doit de rester un lieu d’émancipation, vecteur de mixité sociale. L’Université de Strasbourg plus que toute autre, fière d’être située au sein de la capitale européenne, fière de ses 20% d’étudiant-e-s internationa-les-ux, se doit de s’opposer à ce projet qui risquerait de drastiquement réduire la diversité en son sein.


On Monday the 19th of November, the government presented their new « Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux » (« Strategy for attracting international students ») . It consists of a range of measures range of strategic measures under the banner of « Bienvenue en France » (« Welcome to France ») .

Even if certain measures are sensible, one of them is fundamentally in contradiction with the values of inclusiveness in higher education: the excessive increase in admission fees for non-european students.

With this decision, a non-european student would have to pay 2770 euros for a year of undergraduate study and 3770 euros for a year of masters’ studies. This represents 15 times the current costs. The State claims to be covering this huge reduction in financial means by creating 14000 new grants for international students on top of the 7000 already available . This number of grants does not seem sufficient at all, bearing in mind that for Strasbourg University alone for 2017-18, there were 10129 international students of whom 69% (approximately 7000) were from outside the European Union.

The high annual admission fees of our european neighbours should not be considered as a model; quite the opposite, France’s socially fair and inclusive model should be the benchmark for our european partners.

Moreover, having international students in our higher education system should be considered as a source of richness and not a cost. Whether it be during their studies or even afterwards, international students bring value to our country by working here or even just taking part in the French economy.

Finally, the French Code of Education stipulates that the higher education public service contributes « to the creation of an inclusive society. As such it should promote the inclusiveness of all individuals whatever their origin, social background or state of health » (article L123-2,3) The validation of this « Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux” is in direct contradiction with these objectives. So, how can we maintain Strasbourg University’s policy of international cooperation ? How can we guarantee the international attractiveness of the region and the future Alsace european community?

Here, we are now confronted with a question of « fairness and equality » as some students could be excluded because of their origin or social category.

L’AFGES is fundamentally opposed to any discriminatory treatment between students. University should remain a place where personal emancipation and social mixing can thrive. Strasbourg University, given its unique position, proudly situated in the European capital and proud to be home to 20% of their international students, perhaps more than any other university, must stand against this project which would only lead to a drastic reduction in its diversity.