Contrôle continu intégral : Quand le gouvernement saborde l’innovation pédagogique.

Contrôle continu intégral :  Quand le gouvernement saborde l’innovation pédagogique.

Depuis plusieurs années, l’AFGES soutient l’Université de Strasbourg dans la mise en place du contrôle continu intégral, un outil pédagogique qui permet un véritable suivi personnalisé de l’étudiant-e, tout en améliorant l’acquisition des connaissances, des compétences et in fine la réussite de l’étudiant-e tout au long de son cursus d’études. Il s’agit de mettre en place plusieurs évaluations de différentes natures et à différents moments au sein d’une même Unité d’Enseignement, permettant à l’étudiant.e de développer son esprit d’équipe, de réflexion personnelle mais aussi d’aisance orale. Cette diversité des méthodes d’évaluation, très différente de l’évaluation « classique » consistant en un unique examen sommatif en fin de semestre, donne une réelle dimension pédagogique à l’évaluation tout en valorisant la diversité des profils des étudiant-e-s.

A l’Université de Strasbourg, cela fait près de 5 ans que le contrôle continu intégral a vu le jour, initialement à la Faculté des Sciences de la Vie. Grâce à sa mise en place les étudiant-e-s réussissent mieux, en augmentant leur moyenne générale, valorisant ainsi l’excellence de la formation et apportant une plus-value certaine au diplôme, tout en permettant une meilleure acquisition des pré-requis pour les années suivantes. En outre, malgré la suppression de la seconde session, rendue caduque par la session initiale qui comporte plusieurs évaluations variées – et donc un “rattrapage” constant – la proportion d’étudiant-e-s admis-es est restée semblable au regard du système de contrôle terminal, et a même connu des hausses notables dans certaines composantes.

En somme, l’étudiant-e valide son cursus plus tôt dans l’année universitaire, ce qui lui permet de dégager du temps pour effectuer un stage ou un emploi saisonnier, et avec une meilleure note, traduisant l’acquisition indéniable des connaissances et des compétences exigées par sa formation.

Toutefois, après que la Cour d’appel administrative de Nancy ait tranché en mai 2015 pour une remise en place d’un système avec rattrapages, l’AFGES a longtemps milité pour qu’un cadre juridique pertinent soit mis en place, et permette ainsi aux équipes enseignantes qui souhaiteraient innover, en matière de pédagogie et de réussite étudiante, d’appliquer un contrôle continu intégral de qualité.

Grâce au travail de la FAGE, fédération nationale de l’AFGES, 5 Universités pilotes ont obtenu la mise en place d’une expérimentation et à terme une révision de l’arrêté Licence de 2011 pour permettre une mise en place optimale du Contrôle Continu Intégral :  Monsieur Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche l’avait en effet  assuré dans une déclaration au mois d’avril dernier.

Malheureusement, et en dépit de toute logique pédagogique et sans qu’aucune déclaration officielle n’ait été faite à ce sujet, la modification de l’arrêté Licence n’est plus à l’ordre du jour. Sans la politesse élémentaire, le Ministère a ainsi fait le choix de reporter la mise en place du contrôle continu aux calendes grecques, empêchant purement et simplement d’appliquer à la rentrée prochaine l’expérimentation pédagogique dans notre université, ni dans les quatre autres qui souhaitaient elles aussi bénéficier d’une expérimentation de cet outil.

Le gouvernement vient alors de mettre à mal le travail ardu des équipes pédagogiques et des élu-e-s de l’AFGES qui ont travaillé d’arrache-pied pour rendre possible cette innovation. Cet énième affront ne fait que traduire le manque de considération pour l’autonomie de nos universités, qui n’ont simplement pas la latitude pour expérimenter une innovation formative, réfléchie et bénéfique pour les étudiant-e-s.

Au-delà de l’AFGES, c’est bien toute la communauté universitaire de Strasbourg qui sollicite promptement le ministère à respecter ses engagements et autoriser l’expérimentation du contrôle continu intégral dans les composantes volontaires de notre université et ce, dès la rentrée prochaine !

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