Coût de la rentrée étudiante 2017 à Strasbourg

Coût de la rentrée étudiante 2017 à Strasbourg

Chaque année, à l’approche de la rentrée universitaire, l’AFGES publie son indicateur du coût de la rentrée. Cette année encore, nous faisons le constat d’un coût de la vie étudiante qui augmente, rendant l’accès aux études supérieures toujours plus complexe pour les étudiants sur les campus strasbourgeois.

Cette année, l’AFGES se base sur 4 profils différents d’étudiants :

  • L’étudiant bénéficiaire de bourses sur critères sociaux vivant en Cité Universitaire
  • L’étudiant bénéficiaire de bourses sur critères sociaux vivant dans un logement du parc privé
  • L’étudiant non boursier vivant encore au domicile familial
  • L’étudiant non boursier décohabitant, vivant dans un logement du parc privé

Nous avons donc effectué une analyse des frais mensuels et des frais spécifiques à l’installation des étudiants pour chacun des profils, selon une méthodologie précise, repris dans le tableau ci-dessous.


Méthodologie :

Logement

Le calcul s’appuie, pour la cité universitaire, sur les chiffres du CROUS de Strasbourg, pour une chambre simple avec sanitaires sur le pallier. Pour les logements du parc privé, on retient la côte des loyers pour un 20m2 à Strasbourg, zone tendue, où les frais d’agence sont donc encadrés.
Les tarifs de l’assurance logement sont ceux proposés par la MGEL.

Alimentation

Les calculs pour le restaurant universitaire sont effectués sur la base d’un ticket RU à 3,25 euros, pour 20 repas.
Les repas à domicile eux, sont évalués sur un panier moyen pour 30 petits déjeuners et 40 repas.

Frais courants

La simulation est basée sur un ensemble vestimentaire, un lot de base de produits d’hygiène et d’entretien. Concernant la téléphonie et internet, on s’appuie sur les abonnements proposés par les fournisseurs d’accès pour un abonnement mensuel téléphonique et un accès internet haut débit, en moyenne.

Transports

Pour les étudiants boursiers, on s’appuie sur la tarification solidaire de la CTS pour un abonnement mensuel. Le calcul pour l’étudiant non décohabitant se base sur un abonnement CTS à tarif plein lui permettant de rejoindre les différents campus depuis la gare de Strasbourg, et un abonnement aller-retour SNCF en moyenne. L’étudiant décohabitant, lui, souscrit un abonnement CTS sans tarification solidaire.
Le transport à vélo s’appuie sur les chiffres d’un abonnement Vélhop.

Inscription et matériel pédagogique

Les droits d’inscription retenus ici sont ceux pour une inscription en première année de licence. Les droits peuvent être plus élevés s’il s’agit d’une inscription en master (256 euros), ou dans une école.
Les chiffres retenus pour la sécurité sociale étudiante et la complémentaire santé sont ceux communiqués par la LMDE et la MGEL.
Le matériel pédagogique comprend le coût moyen pour des fournitures scolaire, un ordinateur entrée de gamme, et des achats de manuels. Ces montants peuvent fortement varier selon les besoins de chaque filière, il s’agit ici d’une moyenne.

Loisirs

Le calcul comprend une inscription au Service Universitaire d’Activités Physiques et Sportives, ainsi qu’une adhésion à la carte culture. On y ajoute le prix moyen retenu par l’Observatoire de la Vie Étudiante pour deux livres et des sorties.

Analyse

Cette année encore, le coût de la rentrée est en augmentation pour l’ensemble des profils étudiants. L’un des postes principaux de dépense reste le logement, qui continue d’augmenter sensiblement, et dont la charge ne devrait pas réduire tant que l’offre de logements sociaux ne pourra répondre à une demande croissante d’année en année. De plus, l’annonce du gouvernement de réduire de 5 euros les APL ne viendra que grever un budget déjà alourdi par ce poste de dépenses. Les loyers du parc privé, pour surface équivalente, augmentent, eux,  en moyenne de 4% depuis 2016.

Les frais d’agence, eux, n’augmentent pas, suite aux mesures d’encadrement intervenues pour les zones tendues, salutaires pour le budget des étudiants à la rentrée. L’assurance logement demeure fixe également.

Le coût de la vie courante est toujours en augmentation, ce qui influe nécessairement sur les dépenses d’alimentation, ainsi que pour les vêtements, les produits d’hygiène et d’entretien. Heureusement, le gel du prix du ticket RU obtenu par la FAGE à nouveau cette année permet de contenir la partie du budget de l’étudiant consacrée à ses repas. Les abonnements de téléphonie et d’accès à internet, eux, n’augmentent pas.

Le bât blesse sur le prix des transports. Tous les tarifs augmentent cette année, y compris pour les étudiants boursiers bénéficiaires de la tarification solidaire. Cette année encore, l’abonnement mensuel “jeunes” dont doivent s’acquitter les étudiants non boursiers, exclus de toute tarification solidaire, pour profiter des services de transport public augmente pour atteindre plus de 26 euros par mois, un poste de dépense trop élevé et qui peut conduire certains étudiants à renoncer à ce service. L’abonnement Vélhop augmente lui aussi, ce qui entraîne une augmentation significative du budget alloué au transport des étudiants. Il est nécessaire qu’ait rapidement lieu une concertation avec l’Eurométropole pour endiguer cette nouvelle augmentation, et réfléchir à une tarification accessible à toutes et tous.

Les frais d’inscription en première année de licence restent fixes cette année. Il faut toutefois garder à l’esprit que ces frais peuvent grandement varier dans le cadre d’une inscription en école, ou dans un master, ce qui peut constituer un vrai frein à l’accès aux études supérieures. Les frais de matériel pédagogique sont également très variables en fonction des filières, et peuvent constituer des investissements très conséquents.

Autre point noir de ce coût de la rentrée, la reprise de l’augmentation des frais de sécurité sociale étudiante, et l’explosion du prix des complémentaires proposées par les mutuelles qui augmentent cette année de plus de 11%, comparativement à 2016. A l’heure où de plus en plus d’étudiants refusent de se soigner par manque de moyens, il est grand temps de proposer un accès aux soins facilité à toutes et tous, et de supprimer le régime de sécurité sociale étudiante, qui a plus que prouvé son inefficacité et son incapacité à gérer de manière viable le remboursement des frais de santé de ses adhérents. Trop d’étudiants ignorent d’ailleurs aujourd’hui que la souscription aux complémentaires santés proposées par les mutuelles étudiantes n’est aucunement obligatoire, contrairement à la cotisation à la Sécurité Sociale Étudiante.

Si le poste des loisirs ne diminue pas, c’est aussi le premier sur lequel l’étudiant.e empiétera dès le mois de septembre, faute de moyens, alors que selon l’enquête sur les conditions de vie étudiante réalisée dans le cadre du Schéma Directeur de la Vie Etudiante pour les étudiants des différents campus alsaciens, plus d’un quart ne pratiquent aucune activité sportive et 63% d’entre eux, aucune activité culturelle. L’accès aux pratiques sportives et culturelle est un vecteur de la bonne insertion des étudiants dans le milieu universitaire ; celui-ci ne saurait être freiné pour des raisons financières.

Les positions de l’AFGES

Les revendications de l’AFGES en matière de logement

  • Mise en place de l’encadrement des loyers à Strasbourg.
  • Augmenter le nombre de logements à destination du public étudiant.
  • Gel voire diminution des loyers en résidence CROUS.

Les revendications de l’AFGES en matière de santé

  • Suppression du régime de sécurité sociale étudiante, défaillant, et rattachement de tout.es au régime de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.
  • Mise en place d’un centre de soins universitaire permettant l’accès à des spécialistes conventionnés en réseau avec le SUMPS.
  • Faciliter l’accès à l’information sur les régimes de complémentaires santé existants.

Les revendications de l’AFGES en matière de transport

  • Mise en place d’une tarification étudiante accessible pour les étudiants non boursiers.
  • Gel de la tarification solidaire pour les étudiants boursiers.
  • Engager des consultations avec les collectivités pour garantir des tarifs accessibles aux publics étudiants sur les transports en commun.