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Suite et fin de la saga judiciaire qui aura opposé l’Université de Strasbourg à un syndicat étudiant minoritaire, au sujet de la délicate question de la seconde session, que l’université jugeait pédagogiquement incompatible avec l’évaluation continue intégrale. L’AFGES, qui milite depuis des années en faveur de l’évaluation continue intégrale, déplore l’instrumentalisation du judiciaire par la démagogie d’une organisation étudiante minoritaire, mais aussi le manque de réaction de l’Université de Strasbourg quant à la très imparfaite application d’une innovation pédagogique pourtant fondamentale dans ses composantes.

Une décision judiciaire contre l’innovation pédagogique

conseiletatDès le 24 janvier 2014, le tribunal administratif de Strasbourg a contraint l’Université de Strasbourg à mettre en place une session de rattrapage, ce qui n’a pas été sans conséquences dommageable pour nombre d’étudiant-e-s à la fin du semestre d’été 2015.  Après une longue bataille devant les juges administratifs, le Conseil d’Etat a tranché : la session de rattrapage doit bel et bien être instaurée  dans l’intégralité des composantes de l’Université.

Cette décision du juge administratif se base sur un texte unique. L’arrêté licence 2011, en son article 17, dispose en effet qu’à l’issue de la session initiale d’examens, une session de rattrapage doit être organisée, ce que le juge interprète strictement dans sa décision contre l’Université de Strasbourg.

L’AFGES, en tant qu’organisation réformiste, a toujours milité pour l’instauration d’un mode d’évaluation plus pédagogique remplaçant la “note-couperet” anti-pédagogique issue des sessions d’examens terminaux par une évaluation continue intégrale. Mise en oeuvre dans un certain nombre de composantes de l’Université de Strasbourg, l’ECI a su depuis 2013 faire ses preuves et a rencontré un vif succès auprès des étudiant-e-s. En effet, loin de l’évaluation sommative et “couperet” d’une session d’examen finale, l’ECI permet à l’étudiant-e une véritable progression tout au long du semestre et de l’année, au travers d’une pluralité des méthodes d’examen et d’un retour pédagogique permanent.

Pour plus d’informations sur l’évaluation continue intégrale : http://afges.org/levaluation-continue-integrale-une-innovation-pedagogique-necessaire/

Cette lecture simple de l’arrêté licence faite par le juge administratif nous amène à réflechir à l’évolution nécessaire du cadre législatif entourant la mise en oeuvre des examens. En effet depuis plus de 3 ans, l’AFGES, aux côtés de la FAGE ainsi que de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), milite pour la mise en place généralisée d’une évaluation continue intégrale, mais sans session de rattrapage. Cette session de rattrapage devient à la fois inutile, et anti-pédagogique, en ce qu’elle casse l’évaluation continue et progressive par un examen-couperet de rattrapage.

Pour un droit à l’expérimentation à l’Université de Strasbourg

Afin de permettre aux universités de mettre en place une réelle innovation pédagogique, il est maintenant de la responsabilité du gouvernement de modifier l’arrêté licence pour le mettre en conformité avec la volonté d’évolution de la majorité de la communauté universitaire.

Cette évolution du droit se doit d’arriver le plus vite possible afin de facdedroitfaire bénéficier aux étudiant-e-s des méthodes pédagogiques les plus profitables à l’apprentissage et à l’émancipation de la jeunesse. En attendant cette réforme, l’AFGES demande à la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) un droit à l’expérimentation pour l’Université de Strasbourg dès l’année universitaire 2016-2017. Ce droit à l’expérimentation d’une évaluation continue intégrale sans rattrapages aura pour but de démontrer l’efficacité d’une ECI bien appliquée et la non-nécessité, le cas échéant, d’une session de rattrapages.

Sans ce droit à l’expérimentation, l’AFGES craint une mise en place archaïque des rattrapages dans les composantes, ce qui, au delà de constituer une entrave à la réussite des étudiant-e-s, affaiblit également la qualité de l’apprentissage des connaissances dispensées par l’Université, et de fait, réduit les compétences acquises à l’issue du parcours de formation.

Une application trop inégale de l’évaluation continue, au détriment des étudiant-e-s

Amphitheatre_imagelargeCar le cadrage encore flou et trop peu contraignant de l’évaluation continue intégrale entraîne d’ubuesques situations, dans lesquelles le corps enseignant de nombreuses composantes refuse ou détourne l’application de l’ECI. Attachement démesuré aux traditions académiques ou absence de volonté politique pour une innovation pédagogique au service des étudiant-e-s ?

A ce titre, les composantes de l’Université de Strasbourg (facultés, écoles instituts), ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Si certaines sont bonnes élèves, pour d’autre, la copie est à revoir. L’Université de Strasbourg se doit alors d’être intransigeante avec l’application de l’évaluation continue intégrale, afin que tout-e-s les étudiant-e-s puissent bénéficier de l’innovation pédagogique au service de la réussite.

Ainsi, l’AFGES revendique une évaluation continue intégrale, nécessaire, pédagogiquement adaptée et se suffisant àn elle même. Une évolution des textes est maintenant plus que nécessaire, ce qui est la volonté tant de l’AFGES que de la FAGE. Dans cette perspective, l’AFGES demande à ce que l’Université de Strasbourg soit désignée comme Université pilote dans  l’expérimentation de l’ECI sans rattrapages, et que son application soit rigoureuse, au service de tout-e-s les étudiant-e-s.