L’AFGES, 95 ans au service de la jeunesse Alsacienne

L’AFGES, 95 ans au service de la jeunesse Alsacienne

Ce week-end, c’était l’anniversaire de la plus vieille fédération étudiante encore en activité. Créée en 1923, l’AGES : Assemblée Générale des Etudiants de Strasbourg est très vite courtisée par le gouvernement français, étant la seule organisation étudiante qui n’avait pas d’héritage germanique.

Deux ans après sa création, l’AGES créé le SEC : Strasbourg Etudiant Club. Une innovation réelle permettant à tou-te-s les étudiant-e-s de pratiquer une activité sportive. En 1926, plusieurs associations de filières se sont créées. A ce titre, l’AGE de Strasbourg change de nom et devient l’Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg. La même année, la création d’une “Caisse de malades” va permettre aux étudiant-e-s dans le besoin de se soigner, c’est l’ancêtre de la sécurité sociale et des mutuelles étudiantes.

En 1927, Strasbourg accueille en grande pompe la venue du Président du conseil, Raymond Poincaré. Voulant encourager le développement de cette prometteuse fédération, un don de 400 000 Francs or est fait à l’AFGES, afin qu’elle puisse racheter le fond de commerce de la Brasserie Schutzenberger. Que faire avec cet espace ? L’idée peut paraître banale aujourd’hui, mais l’AFGES a créé dans le bâtiment de la Gallia, le premier restaurant universitaire laïque.

L’année suivante, l’AFGES rachète un château en corse nommé “Morsiglia”. Cet édifice servira de camp de vacances aux étudiant-e-s à des prix abordables, un pari fou dans une France où la majorité de la population n’a pas de vacance et où les congés payés n’existent pas encore.

En 1929, l’AFGES crée la médecine préventive. Nécessaire aux étudiant-e-s, elle sera plus tard nationalisée et gérée par les Universités via les SUMPPS.

Frappée comme toute l’Alsace par la seconde Guerre mondiale, elle accompagnera l’Université de Strasbourg dans sa fuite vers Clermont et la zone libre. Mais l’AFGES pleurera longtemps les étudiant-e-s en médecine et en Pharmacie, forcé-e-s par le régime Nazi à rester sur le territoire occupé. Elle pleurera également ces étudiant-e-s tué-e-s lors des rafles de 1943, alors qu’ils essayaient de cacher des juif-ve-s persécuté-e-s.

Au sortir de la guerre, l’AFGES se réinstalle dans son bâtiment de la Gallia. C’est à l’aube des années 50 que de nombreux dispositifs mis en place par et pour les étudiant-e-s prirent un tournant majeur : Avec la contribution de l’AFGES et d’autres fédérations, l’État créé ainsi le réseau des oeuvres (aujourd’hui les CROUS), acteur public central de la vie étudiante, et leur confie des missions jusque-là assumées par les étudiant-e-s.

L’AFGES connaîtra une période très difficile dans les années 60. A l’époque des grands bouleversements dans le monde étudiant, l’AFGES est prise par les étudiant-e-s contestataires appelés aussi “les situationnistes”. A l’aide des finances de la fédération, ils publieront le célèbre “De la misère en milieu étudiant”, l’un des déclencheurs de Mai 68.

Il faudra l’intervention des pères fondateurs, pour que l’AFGES puisse juridiquement reprendre le contrôle et continuer ses missions historiques.

En 1989, l’AFGES créée avec d’autres fédérations, la FAGE : Fédération des Associations Générales Etudiantes, en réponse à la loi Jospin. Aujourd’hui première organisation étudiante de France, la FAGE a toujours son siège juridique à Strasbourg, dans le bâtiment de la Gallia.

Dans une histoire plus récente, l’AFGES ouvre en 2013 la première épicerie sociale et solidaire étudiante à Strasbourg, “l’AGORAé Esplanade”. Elle continuera dans cette lancée en ouvrant la seconde AGORAé en décembre 2017, “l’AGORAé Gallia”.

Fait marquant, l’AFGES perdra la gestion de son emblématique restaurant “la Gallia” en 2015, suite à une décennie de relations tendues avec le Crous : Une blessure dans l’histoire d’une fédération quasi centenaire, mais qui s’efface peu à peu et laisse place aux nouvelles générations et aux nouveaux projets.

Finalement, c’est tournée vers l’avenir que l’AFGES célèbre son 95ème anniversaire, prête à relever les défis et à innover pour servir au mieux les étudiant-e-s de Strasbourg et d’Alsace. La fédération développe actuellement de nouveaux services à l’étudiant-e, disponible dès la rentrée 2018 ! Nous vous tiendrons au fait de l’avancée de ces projets !