Le coût de la rentrée étudiante en Alsace en 2015

Le coût de la rentrée étudiante en Alsace en 2015

Coût de la rentrée étudiante 2015 en Alsace : une diminution de 4,3 % mais une précarité des étudiants toujours plus sensible

L’AFGES publie en ce premier jour de la rentrée universitaire, sa traditionnelle enquête du coût de la rentrée, étendue aux quatre villes universitaires d’Alsace. Plusieurs années après la campagne présidentielle qui a placé la jeunesse dans les priorités de chacun, celle-ci attend impatiemment des mesures concrètes. Alors que l’accès à l’enseignement supérieur est de plus en plus freiné par des contraintes financières, et que le chômage des jeunes, notamment diplômés, atteint des taux records, les chiffres du coût de la rentrée 2015 nous donnent quelques signaux encourageants.En effet, le mois de septembre 2015 représente un budget moyen pour un étudiant alsacien primo-arrivant, décohabitant et non boursier, de 2 385,26 €, ce qui représente une baisse de 4,3% en un an. A titre comparatif, la moyenne nationale du coût de la rentrée sur la France entière est également en diminution de 6,8%, selon la FAGE.

Après des années précédentes marquées par une hausse systématique du coût de la rentrée, cette année se distingue par une diminution généralisée, largement imputable à la diminution des frais d’agence pour l’emménagement et par le gel des frais d’inscription ainsi que de la cotisation à la sécurité sociale étudiante.

Mais l’AFGES rappelle que la précarité étudiante n’est pas l’apanage du mois de septembre. Si le coût de la rentrée est en baisse, le coût de la vie, lui, connaît une légère augmentation. Le logement, l’alimentation et la santé, pourtant fondamentaux dans la vie d’un étudiant, restent toujours aussi coûteux, et à l’origine d’une précarité durable chez des milliers d’étudiants.

Le prix du ticket U augmente à nouveau de 1,56% pour atteindre 3,25€ cette année, et ce, en totale contradiction avec les revendications de la FAGE et de l’AFGES, niant ainsi tout investissement d’Etat pour lutter contre la précarité alimentaire, touchant des milliers d’étudiants chaque année.

Alors que le logement correspond à plus de 40% du budget d’un étudiant, l’encadrement des loyers mis en place par la loi ALUR en région parisienne reste circonscrit aux étudiants franciliens. C’est pourquoi l’AFGES demande la mise en place d’un encadrement des loyers du secteurs privés dans l’Eurométropole. Par ailleurs, un effort supplémentaire de la part du CROUS de Strasbourg en matière de logement est plus que nécessaire : avec 21% d’augmentation depuis 2007 et une vétusté croissante, les chambres universitaires sont de moins en moins attractives. Chaque rénovation et nouvelle construction se traduit par une augmentation substantielle de loyer entraînant la vacance croissante des logements universitaires inadaptés aux besoins des étudiants.

L’AFGES constate par ailleurs que année après année, de plus en plus d’étudiants renoncent à se soigner. L’accès aux soins doit être une question prioritaire, notamment par la création d’un réseau universitaire de soins et d’un centre de soins étudiant, existant dans d’autres villes. L’AFGES pointe par ailleurs les graves dysfonctionnements de la sécurité sociale étudiante, et les difficultés d’accès à une complémentaire santé de nombreux étudiants.

L’AFGES reste dans l’attente d’une réelle refonte des aides sociales à destination des étudiants, qui connaissent une dégradation de leurs conditions de vie, tout particulièrement ceux issus des classes moyennes et populaires. Les étudiants ne peuvent se contenter de mesures prises dans l’urgence : ils attendent une véritable réforme conduisant à la mise en place de l’Aide Globale d’Indépendance portée par la FAGE.

Il faut néanmoins donc souligner que pour la première fois, et grâce aux réformes demandées par la FAGE et l’AFGES, le prix moyen d’une rentrée enregistre une diminution notable de 4,3%. L’encadrement des frais d’agences permet en effet une réduction moyenne de près de 40% des tarifs des prestations des agences lors de la location d’un appartement. Cette mesure a un impact réel dans un pays où l’âge moyen de décohabitation est parmi les plus bas d’Europe. L’accès au logement étant une des étapes primordiales du parcours d’autonomie d’un jeune mais aussi un préalable important à la libre orientation et à l’accès à l’enseignement supérieur. L’AFGES et la FAGE se félicitent de l’impact de cette mesure.Dans un contexte de plus en plus difficile pour les jeunes, l’AFGES poursuivra son engagement à leurs côtés, comme elle le fait depuis plus de 90 ans.

Retrouvez les chiffres et notre analyse dans notre dossier de presse : 2015 DDP Coût rentrée étudiant en Alsace VF

Découvrez également l’interview du président de l’AFGES par Alsace20: