Institut_Le_Bel_Université_Louis-Pasteur

Suscitant de manière récurrente les débats les plus vifs au sein de nombreuses universités, le contingentement a récemment été au cœur des discussions de la Commission Formation et Vie Universitaire de l’Université de Strasbourg. Ce mardi 4 novembre, les élus de l’AFGES, seuls représentants étudiants présents à cette Commission pourtant primordiale, ont su barrer la route au contingentement à l’université.

Qu’est-ce que le contingentement, pourquoi certaines composantes ont-elles voulu le mettre en place ?

Le contingentement consiste en une limitation du nombre de places disponible en première année pour les primo-entrants. C’est en raison de la forte augmentation du nombre d’inscription en première année que certaines composantes ont souhaité limiter leur capacité d’accueil. 8 filières en ont fait la demande, alors qu’une seule a réellement atteint le seuil de capacité d’accueil.
Pour justifier cette bride, les composantes avance plusieurs arguments :

  • Les capacités matérielles (infrastructures sportives, ateliers artistiques, etc) ;
  • Les problèmes logistiques (manque de place dans les salles de cours) ;
  • Les questions de sécurité (locaux trop petits) ;
  • Et enfin les soucis de qualité pédagogique (dotation insuffisante, équipes administratives et pédagogiques surchargées) ;

En réalité, le contingentement est une solution de facilité de la part des responsables de filière pour obtenir des effectifs réduits dans leur filière, en lieu et place d’un enseignement supérieur pour tous. Cette limitation est une solution de court terme qui permet de compenser le manque de moyen par la réduction des effectifs des étudiants.

 

Pourquoi l’AFGES s’oppose à cette solution

La mise en place du contingentement pose de nombreux problèmes. En premier lieu, il ne s’attaque pas réellement au problème fondamental qui se pose : le manque flagrant de moyens. Une permanente sous-dotation de l’université qui ne lui permet pas d’accomplir correctement sa mission principale : l’enseignement. Notre université ne devrait pas avoir à s’abaisser à ce genre de mesure qui occasionne la mise en place d’une sélection sur des critères injustes : rapidité d’inscription, appartenance à l’académie ou encore tirage au sort. Le contingentement n’est en réalité qu’un traitement symptomatique d’une problématique beaucoup plus grave.
Le contingentement est une logique dangereuse qui entraîne les composantes à demander sa reconduction d’années en années, ainsi que son extension a toujours plus de filières. Ce qui devait être une solution d’urgence pour parer au plus pressé est devenu en réalité une solution par défaut. On ne fait que déplacer le problème !
Ainsi, nous déplorons que la mise en place le contingentement ajourne le débat et la recherche de solutions sur l’augmentation des capacités de formation.

 

Quelles solutions alternatives ?

L’AFGES a toujours eu à coeur d’être force de proposition, c’est pourquoi nous proposons des solutions à cette problématique :

  • La réalisation d’une enquête sur le taux et les modalités d’occupation des locaux de l’université, qui pourra permettre la mise en place d’une mutualisation plus optimale des moyens de l’université ;
  • La régionalisation de l’enseignement supérieure voulue par l’Université de Strasbourg est aussi un poste de réflexion envisageable pour permettre des conditions d’études meilleures ;
  • Mais surtout la mise en place d’une orientation active des lycéens, pour limiter le nombre de ces derniers qui s’orientent dans des filières « par défaut » ou qui ne leurs correspondent pas. Par ailleurs, une réflexion profonde sur l’insertion professionnelle est absolument nécessaire pour permettre une réelle orientation ;

Les étudiants ne payeront pas les pots cassés de mauvaises politiques d’orientation et du désengagement de l’Etat dans l’enseignement supérieur. Aujourd’hui l’État ne consacre qu’un budget dérisoire à  l’enseignement supérieur, un chiffre qui suscite l’interrogation, quand on connaît le rôle de l’enseignement supérieur comme moteur de croissance et la mise en avant de la jeunesse comme priorité nationale par le gouvernement actuel.

C’est pourquoi, suite à la Commission Formation et Vie Universitaire de ce mardi 4 novembre, les élus AFGES ont unanimement voté contre la mise en place du contingentement pour l’année universitaire à venir.

Un choix assumé et une promesse renouvelée en cette fin de mandat qui annonce des élections décisives et un nouveau mandat plein de défis.